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À la découverte de Currie Mountain

Si vous dites à vos enfants que vous allez escalader un volcan, n’oubliez pas de leur expliquer qu’il s’agissait bien d’un volcan, mais il y a 350 millions d’années. Quand j’ai emmené mes fils pour la première fois en promenade sur la Currie Mountain, j’ai oublié de leur préciser ce détail. Currie Mountain se trouve à dix kilomètres à peine du pont de la rue Westmorland, à Fredericton. Quand nous sommes arrivés sur les lieux, ils étaient très emballés à l’idée d’aller voir ce volcan dont je leur avais parlé. Quand nous nous sommes lancés sur le chemin de randonnée au pied de la montagne, ils ont commencé à avoir des doutes. Il m’est peut-être arrivé d’exagérer par le passé en parlant d’autres sentiers de randonnée, ils étaient donc sceptiques.

Au détour du chemin, à la vue de la cheminée s’élevant parmi ces pins blancs géants, je leur ai finalement dit la vérité. Les garçons n’ont pas réfléchi plus loin à toute mon histoire et se sont empressés d’aller découvrir les vestiges d’un petit bâtiment. La brique rouge se détachait du brun clair des aiguilles de pin sur le sol tout autour.

Au bâtiment, le chemin se sépare en trois. J’imaginais ce petit bâtiment occupé par un lutin qui contrôlait l’accès aux trois sentiers. Un lutin qui posait des devinettes. Si vous trouviez la réponse à la devinette, il vous indiquait le bon chemin pour gagner le sommet du volcan. Si votre réponse était erronée, il vous envoyait sur l’un des deux autres sentiers, vers un destin inconnu. Je racontais cette histoire aux enfants pendant qu’ils exploraient les ruines. Au moment même où je me demandais s’ils m’écoutaient vraiment, l’un d’entre eux s’est retourné et m’a demandé : « C’est lequel, le chemin qui mène au volcan? »

J’ai pointé du doigt la colline derrière la cheminée et les garçons ont pris la tête au pas de course. Arrivés sur un plateau, ils se sont arrêtés. Ils n’étaient pas certains du chemin à emprunter. L’acidité des aiguilles de pin empêche la majorité de la végétation du sous-bois de se développer. Cela facilite les déplacements en tous sens, mais ne permet pas de distinguer les sentiers aisément. Une fois de plus, je leur ai montré la crête qui les emmènerait au sommet et ils ont repris leur course.

Après s’être frayé un chemin en direction du sommet rocheux, ils se sont mis à chercher des coulées de lave. Ils étaient un peu déçus jusqu’à ce que je leur explique qu’il s’agissait d’un ancien volcan dont la taille dépassait d’un kilomètre l’endroit où nous nous trouvions. La roche brun fo ncé a été créée par la lave refroidie et durcie. Cela remonte à l’époque des dinosaures. Si leur regard affichait un certain scepticisme, je pouvais toutefois y distinguer une pointe de fascination.

Après ce bref regard sur le passé, nous avons redescendu la pente abrupte en direction du pied de la montagne avec prudence à mesure que nous progressions entre les petites falaises et les roches détachées. Nous sommes rapidement arrivés sur le sentier qui borde la montagne. Nous avons obliqué à droite, nous éloignant de la maison du lutin, et avons suivi le sentier jusqu’à la fin.

Un peu après l’extrémité du sentier se trouvait un belvédère duquel on avait une vue plongeante sur la Sugar Island et toutes les petites îles. Alors que nous regardions la vallée de la rivière Saint-Jean, j’essayais d’imaginer l’endroit peuplé de dinosaures. Comme cela aurait été différent si nous avions été en train de scruter le paysage du sommet d’un volcan actif. Je me demandais si les garçons pensaient à la même chose.

Nous avons repris le sentier en direction de la cheminée. En chemin, nous avons examiné quelques affleurements rocheux brun foncé. Certains grands pins blancs étaient tombés laissant derrière eux d’immenses souches dépourvues d’écorce pointant vers le ciel. L’un d’entre eux barrait le chemin. Les garçons sont passés par-dessous, et moi, par-dessus.

Lorsque nous avons de nouveau atteint la cheminée, les garçons m’ont demandé où menait le troisième sentier. Je leur ai expliqué qu’il conduisait à un petit champ où Vicki et moi avions fait de la prospection lors de notre première visite. Nous ne nous sommes pas rendus tout au bout du sentier, qui continue jusqu’au chemin Carlisle. Je suppose que ma réponse n’a pas suscité beaucoup d’intérêt parce qu’ils ont emprunté le sentier qui menait au bas de la colline.

Au pied du sentier, nous nous sommes arrêtés pour lire la plaque qui explique que la montagne est d’origine volcanique. Au moins, cela confirmait que je n’avais pas inventé toute l’histoire. Quand j’ai continué à lire que la montagne constituait un habitat pour des plantes rares et que le terrain était un don fait par Earle et Louise Turner à l’université, les enfants ont commencé à décrocher. Je leur ai expliqué que la première fois où je me suis rendu sur les lieux, c’était dans le cadre d’un cours sur les sols à l’université. Je leur ai raconté que l’on creusait des tranchées d’observation et ils ont décrété que ce cours devait être ennuyeux. J’ai dû admettre qu’ils avaient raison.

Si vous cherchez une montagne facile à escalader et très proche de Fredericton, allez faire un tour à la Currie Mountain. À ce jour, il s’agit du seul volcan que j’ai trouvé au Nouveau-Brunswick, même s’il a 350 millions d’années. Si vous y allez, n’oubliez pas votre imagination.

De cette excursion, les garçons ont rapporté une pierre de lave en souvenir, et de tous les fabuleux sentiers de randonnée que nous avons arpentés depuis, ils se souviennent encore de celui où ils ont escaladé le volcan.

Currie Mountain ne se trouve qu’à dix minutes en voiture du pont de la rue Westmorland, à Fredericton. Traversez le pont, en direction nord, et continuez sur la route 105 pendant douze kilomètres, jusqu’à ce que vous voyiez une petite clairière avec un monument niché sur le flanc de la colline, à droite. Si vous souhaitez en savoir plus sur le sentier, rendez-vous sur la page de Hiking NB. Vous trouverez une vidéo de ma dernière excursion sur la Currie Mountain (en anglais seulement) sur notre chaîne YouTube.

James Donald est le fondateur du site Web Hiking NB. Depuis huit ans, il essaie de parcourir chaque sentier de randonnée de la province et a presque atteint son objectif. Il fait de la randonnée avec son épouse Vicki et leurs quatre enfants. Ils partagent leurs aventures et des informations relatives aux sentiers sur le site Web, sur les réseaux sociaux et lors de présentations dans la province.